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 EMDR

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MessageSujet: EMDR   Mer 14 Juil - 21:34:35

lu sur "santé magazine"
LEMDR ou methode des mouvements oculaires de désensibilisation est une nouvelle thérapie qui vise à diminuer le mal être ,l'angoisse ou les phobies nés d'évenements que nous avons subis.
une thérapie qui permet donc la digestion » des évènements de vie ou de souffrances .
Consultez l'annuaire de votre département.
http://www.emdr-france.org/
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MessageSujet: Re: EMDR   Mer 14 Juil - 22:13:11

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MessageSujet: Re: EMDR   Mer 14 Juil - 22:26:46

merci clo, j'avais regardé un reportage sur cette méthode ... je crois sur la 5, je me souviens plus ...
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MessageSujet: Re: EMDR   Dim 18 Juil - 19:54:04

Il y a tellement de disciplines nouvelles...à tenter ,pourquoi pas.
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MessageSujet: Re: EMDR   Mar 20 Juil - 17:26:36

Coucou tout le monde,

Pour être en plein dedans, je peux vous dire que c'est efficace, même si çà passe par des moments difficiles !

Je suis cette méthode depuis octobre dernier !

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MessageSujet: Re: EMDR   Mar 20 Juil - 19:18:21

ah!!!enfin qq'un qui l'a expérimentée. bsx2
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MessageSujet: Re: EMDR   Mar 20 Juil - 20:02:27

jamais entendu parler, Ganesha, tu peux nous en dire plus sur les techniques ?
merkiiii
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MessageSujet: Re: EMDR   Dim 25 Juil - 14:16:41

Bon, je répondrais par de la doc....

L'EMDR : l'intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires

EMDR : Eye Movement Desensitization and Reprocessing


« désensibilisation et retraitement par le mouvement des yeux »

ou « intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires »

Ce texte a été élaboré par une conseillère en relation d'aide à partir de divers ouvrages dont les références sont citées en fin de document, de sites internet et de cours de neurobiologie. Il comporte également des passages traduits d’ouvrages en anglais.



L’EMDR étant particulièrement efficace pour traiter l’état de stress post-traumatique, je me permets de faire un bref rappel de cette pathologie.



L’état de stress post-traumatique (ESPT)


L’ESPT n’a été diagnostiqué et reconnu chez l’adulte qu’à la fin de la guerre du Viet-Nam, bien qu’après la première guerre mondiale, les médecins militaires parlaient déjà « d’états commotionnels » de soldats handicapés par des cauchemars répétitifs, avec des rappels envahissants et persistants des événements traumatisants.


L’ESTP est un ensemble de réactions (ou symptômes) qui peut se développer chez une personne après qu’elle ait vécu, été témoin ou confrontée à un traumatisme, c’est-à-dire un événement qui a provoqué la mort ou de sérieuses blessures ou qui impliquait une menace de mort ou de graves blessures et qui a suscité une peur intense, un sentiment d’impuissance ou d’horreur.


Un tel événement peut être un accident, une agression violente, un viol, un hold-up, une prise d’otage, un incendie, un tremblement de terre, une inondation, etc.


Après un traumatisme psychique, il n'est pas rare que les informations liées au vécu traumatisant ne puissent être traitées par le cerveau et ainsi elles ne sont pas intégrées au vécu du patient.


Comment reconnaître les symptômes de stress post-traumatique ?


Voici les critères définis par l’« American Psychiatric Association » et qui sont généralement utilisés :


A) La personne a été exposée à un événement traumatique. La personne est soumise à un événement soudain et inattendu, de relativement courte durée. Elle a vécu un danger immédiat pour sa vie, celle d’autrui, pour son intégrité physique et/ou narcissique.


B) L’événement traumatique est constamment revécu, de l’une (ou de plusieurs) des façons suivantes :


1. souvenirs répétitifs et envahissants de l’événement provoquant un sentiment de détresse et comprenant des images, des pensées ou des perceptions.


2. rêves répétitifs concernant l’événement provoquant un sentiment de détresse.


3. impression ou agissements soudains, les flash-backs « comme si » l’événement traumatique allait se reproduire (incluant le sentiment de revivre l’événement, des illusions, des hallucinations et des épisodes dissociatifs (flash back), y compris ceux qui surviennent au réveil ou au cours d’une intoxication).


4. sentiment intense de détresse psychique lors de l’exposition à des indices internes ou externes évoquant ou ressemblant à un aspect de l’événement traumatique (par ex., les dates anniversaires, le temps froid ou le temps chaud, la neige, certains endroits, certaines scènes à la télévision, etc.).


5. réactivité physiologique lors de l’exposition à des indices internes ou externes pouvant évoquer ou ressembler à un aspect de l’événement traumatique ».


C) Évitement persistant des stimuli associés au traumatisme et émoussement de la réactivité générale (non présente avant le traumatisme).


D) Présence de symptômes persistants traduisant une activation neurovégétative (non présente avant le traumatisme) comme en témoigne la présence d’au moins deux des manifestations suivantes :



1. Difficultés d’endormissement ou sommeil interrompu


2. Irritabilité ou accès de colère


3. Difficultés de concentration


4. Hyper vigilance

5. Réaction de sursaut exagérée



Les facteurs précipitants et aggravants de l’état de stress post-traumatique


1.- Le manque de soutien social après le traumatisme


2.- La présence d’une histoire psychiatrique antérieure


3.- Le bas niveau socio-économique, d’éducation ou d’intelligence


4.- La présence d’une histoire traumatique antérieure


Un état de stress post-traumatique peut se déclencher par un événement ponctuel ou des traumatismes répétés.


Découverte de l’EMDR


En mai 1987, Francine Shapiro de Californie, psychologue, se promène dans un parc. Elle a des soucis. Soudain, elle remarque que les pensées qui la perturbaient ont disparu sans effort conscient. Quand des pensées troublantes lui viennent à l’esprit, elle réalise que ses yeux commencent à bouger dans un mouvement de va-et-vient très rapide : vers le haut et en diagonale. Et les pensées disparaissent. C’est la naissance d’une technique que Francine Shapiro va mettre au point, perfectionner et qu’elle appellera : EMDR. Elle met au point un protocole de travail qui lui vaut en 1994 un des plus grands prix scientifiques des USA : le Award for Distinguish Scientific Achievement in Psychology.


En juin 1992, elle reçoit le prix Sigmund Freud, décerné à la fois par l’Association mondiale de psychothérapie et par la ville de Vienne.


En novembre 2002, l’association EMDR-France est fondée.


Francine Shapiro s’est rapidement avisée que d’autres types de stimulations sensorielles alternées étaient tout aussi efficaces, par exemple en tapant sur les mains ou les genoux des patients ou encore en leur faisant entendre des sons. D’autres expériences ont même montré qu’on obtenait des résultats positifs, quoique moins rapides, en se contentant d’une stimulation continue, non alternée.


La technique EMDR


L’EMDR est l’association de plusieurs modes psychothérapeutiques déjà expérimentés : l’hypnose médicale, puisqu’une certaine forme de transe accompagne toute fixation de l’attention, la psychanalyse pour ce qui est des associations libres, les thérapies cognitives puisqu’on fait apparaître les croyances bloquantes, les thérapies comportementales pour ce qui est de la mise (imaginaire) en situation du patient ou exposition.


Une expérience traumatique grave provoque l'interruption du fonctionnement normal du système neurologique et psychologique du traitement de l'information. Celui-ci est nécessaire à la résolution et à l'assimilation de l'évènement traumatique. Normalement lorsque la pensée réagit à un choc, une partie du cerveau est activée pour aider le traumatisé, mais après un choc très grave, cette fonction naturelle du cerveau est suspendue, empêchant le trauma d'être assimilé comme n'importe quel autre évènement de notre passé.


La thérapie EMDR stimule les mécanismes neurologiques accélérant le "re-traitement" de l'évènement traumatique. En stimulant à nouveau cette fonction du cerveau, elle permet l'assimilation de l'évènement à l'origine du choc. Un individu sévèrement agressé pourra se souvenir de cet évènement passé sans ressentir tout le poids des émotions négatives.


Les souvenirs d’un traumatisme sont fragmentés. Quand on fait bouger les yeux des malades ou quand on fait une stimulation sensorielle à une personne par des sons ou des tappings, on stimule de fait les deux hémisphères cérébraux, un peu comme ce qui se passe dans le rêve, où les yeux bougent sans cesse. Il a été démontré par Hobson en 1988 que les mouvements oculaires s’accompagnent d’une activité cholinergique qui augmente les liens associatifs en mémoire.


Comme les traumatismes psychiques engendrent généralement beaucoup d’émotions, le fait de devoir par exemple bouger les yeux en même temps qu’on revit le souvenir de l’événement traumatique permet de maintenir une distance, établit des séquences dans le traitement de l’information bloquée et gêne éventuellement la tendance à intellectualiser. Il faut encourager le patient à continuer les mouvements oculaires quand une trop forte émotion surgit, parce qu’elle va diminuer d’intensité.


Privé de sa charge limbique « dysfonctionnelle », le souvenir perd de sa vitalité.


De très nombreuses études cliniques ont démontré la remarquable efficacité de l'EMDR dans la résolution des états de stress post-traumatique, tant chez des témoins ou victimes de traumatismes civils (viols, accidents, deuils, agressions, accidents automobiles etc.) que chez celles de pays en état de guerre ou des survivants des camps de concentration. Les victimes savent que le danger est écarté mais elles ne le « ressentent pas ». Les émotions sont refoulées et pourtant la détresse est, elle, toujours présente.


L’EMDR désamorce, débloque et libère les expériences traumatiques anciennes de leur charge émotionnelle et de leurs distorsions cognitives par un retraitement des informations. L’image narcissique du patient est restaurée et l’élan vital retrouvé.



Cette approche permet une révision de l’interprétation de la réalité passée et une réponse mieux adaptée au présent tout en favorisant une restructuration psychologique et affective ainsi qu’un meilleur fonctionnement personnel et social.


Outre les états post traumatiques, le champ d’application de l’EMDR s’étend aujourd’hui au traitement d’adultes et d’adolescents présentant des troubles anxieux, dépressifs, somatiques et psychosomatiques, à des patients handicapés, à des malades subissant des traitements médicamenteux lourds, au deuil etc.


La thérapie EMDR permet de traiter définitivement chaque problème séparément et à la demande. Même si les traumatismes sont interreliés dans la psyché, il est conseillé de les traiter séparément.


Le thérapeute met en place avec son patient un « lieu sûr » qui permet au patient d’atténuer l’angoisse en cours de séance.


EMDR et amygdale (située dans le lobe temporal médian)


On a remarqué que les patients avaient une baisse de l’activation de leur cortex préfrontal quand ils relataient leur trauma. Après trois séances d’EMDR, le cortex préfrontal était activé. Ce qui dénote les changements opérés dans la mémoire traumatique. L’EMDR est capable d’aider les patients à faire des associations entre les impressions sensorielles précédemment dissociées et fragmentées.


L’amygdale est étudiée depuis quinze à vingt ans. Il y a des différences génétiques dans l’activation de l’amygdale. La taille de l’amygdale varie d’un individu à l’autre et influence l’encodage des émotions.


Deux hypothèses dans l’état de stress post-traumatique. Soit l’amygdale est suractivée lors du conditionnement inconscient de peur, soit le cortex préfrontal n’utilise pas les techniques d’extinction de conditionnement à la peur.


Dans l’extinction à la peur, il y a une activation du cortex préfrontal et une baisse d’activation de l’amygdale latérale.


Hypothèse : la persistance des effets de l’événement traumatique serait liée à un déficit de l’extinction du cortex préfrontal.


Dans l’état de stress post-traumatique, la mémoire implicite inconsciente est hypertrophiée au détriment de la mémoire explicite narrative. L’EMDR permet à la mémoire implicite, inconsciente, de devenir explicite, narrative, consciente.


Sur le versant cognitif, la distinction entre mémoire implicite et explicite joue un rôle pivot pour rendre compte du développement de l’état de stress post-traumatique. Les souvenirs implicites sont qualifiés de « souvenirs accessibles situationnellement » (SAM) et les souvenirs conscients de « souvenirs accessibles verbalement » (VAM), Brewin, 1996.


Une neuropsychologue me disait que la double représentation de la mémoire du traumatisme s’effectue selon deux plans :


1.- La mémoire accessible verbalement (VAM) avec des informations stockées initialement dans l’hippocampe.


2.- La mémoire accessible situationnellement (SAM) avec des informations dirigées très rapidement dans l’amygdale. Les peurs intenses créent des perceptions non-hippocampiques indélébiles. Ce fonctionnement est à la base des flash-backs, de la mémoire corporelle et de la mémoire implicite. La mémoire implicite est l’aptitude à se rappeler de l’information présente, mais non accessible par une action consciente volontaire. Cette mémoire implicite s’exprime autrement qu’avec des mots : aller à bicyclette, attacher ses lacets de souliers, par exemple.


Les reviviscences des aspects sensoriels du traumatisme, stimulées par les indices externes, sont liées au système implicite/émotionnel. La représentation narrative de l’expérience traumatique, construite progressivement durant une psychothérapie, est liée au système verbal.


On se rappelle beaucoup plus d’événements chargés émotionnellement. Si on donne une liste de mots à lire, l’encodage des mots dans la mémoire à long terme se fera mieux si ceux-ci sont chargés émotionnellement.


Le but de la thérapie EMDR sera de déconditionner l’amygdale de manière à ce que des indices inoffensifs ne réactivent pas le trauma.


La thérapie l’EMDR et le rêve


Durant le sommeil paradoxal, nous sommes entièrement paralysés, mais toute notre sensorialité est en éveil, nos yeux bougent constamment.


C’est indispensable pour qu’un travail général de retraitement des informations diurnes préalablement stockées s’accomplisse. Ces informations diurnes, en général celles de la veille, sont en effet provisoirement emmagasinées dans une mémoire temporaire. Puis elles sont reprises, revisitées, dans ce nouveau contexte de relâchement vagotonique et rappellent dans la banque de données de notre mémoire à long terme des informations comparables afin de se lier à elles. Rêver, c’est donc un patient travail de triage et de reliaison des informations nouvelles qui se fait avec les anciennes, tout en respectant leur originalité.


Tout comme dans le rêve, quand on pratique l’EMDR, sont aussi présents le souvenir traumatique à traiter réactivé dans les registres sensoriels, cognitif, émotionnel et corporel et il y a aussi un relâchement vagotonique. La saisie des organes des sens se fait d’une manière alternée, ce qui stimule davantage le travail de reliaison avec des informations déjà stockées.


Les différentes mémoires et le cerveau


Freud s’est servi d’une métaphore pour expliquer les traces mnésiques : celle du bloc-note magique. Il compare la mémoire à une ardoise sur laquelle l’empreinte de l’écriture reste visible, même effacée. Un éclairage rasant permet toutefois d’en discerner toutes les lignes.


Freud a dit :


« Rien dans la vie psychique ne peut se perdre, rien ne disparaît de ce qui s’est formé, tout est conservé… et peut réapparaître. »


Le trauma est stocké de manière dysfonctionnelle sous une forme inappropriée de mémoire, c’est-à-dire dans une mémoire implicite/motrice plutôt qu’explicite/narrative. Les réseaux de mémoire afférents à des épisodes traumatiques de l’existence n’appartiennent pas à une mémoire explicite/narrative, en un mot cognitive, même si les victimes peuvent parfois en parler.


La tâche de base du cerveau est d’évaluer la signification de toute information entrante. Le cerveau scanne rapidement des milliers de connexions et d’associations possibles pour intégrer émotionnellement et cognitivement un événement pour être en harmonie avec les attentes de l’environnement et générer une satisfaction interne.


En général, quand une personne relate un souvenir, elle ne revit pas les sensations physiques, les émotions, les images, les odeurs et les sons associés à l’événement. Quand un trauma est rapporté, les souvenirs sont engloutis par les sensations et les affects liés au trauma.


Dans l’état de stress post-traumatique, les faits ne sont pas intégrables et restent en attente de classement en mémoire corticale


Quand les événements traumatiques sont réactivés, ils ramènent avec eux toutes les caractéristiques du vécu émotionnel sous la forme duquel ils ont été emmagasinés.


Par mémoire implicite/motrice, il faut entendre une mémorisation déduite par l’observateur, mais qui n’apparaît pas consciemment comme telle à celui qui l’exerce. Par exemple, faire du vélo implique un apprentissage mémorisé, mais pas le souvenir conscient de celui-ci au moment où on monte sur la bicyclette.


Il existe deux grands types de mémoire :


1.- La mémoire à court terme (cortex préfrontal)

Elle est un système de stockage temporaire (se rappeler un numéro de téléphone, de sept plus ou moins deux mots sur une liste de 20 mots).


2.- La mémoire à long terme.

La mémoire à long terme permet le codage et le stockage durable des informations de manière organisée. Elle se divise en :


1.-Mémoire explicite (déclarative), consciente, concernant les souvenirs consciemment exprimés, elle garde les événements liés à l'apprentissage. Elle regroupe les mémoires sémantiques et épisodiques.


a) Mémoire épisodique (cortex temporal, hippocampe) (autobiographique, affective) : c'est l'histoire personnelle du Sujet, elle est essentielle à l'orientation spatio-temporelle et à ce titre les amnésies qui la touchent sont particulièrement invalidantes en causant une désorientation spatio-temporelle.


b) Mémoire sémantique (cortex préfrontal) : le savoir, la culture d'un Sujet, elle peut être considérée comme étant un résidu de la mémoire épisodique dégagée de son contexte affectif et de ses références personnelles.


Ce type de mémoire permet l'apprentissage et une consolidation variable des souvenirs en fonction de leur poids émotionnel et de leur répétition.


2.- Mémoire implicite (cervelet, striatum) qui est inconsciente, on apprend sans retenir l'expérience de l'apprentissage. Elle est impliquée dans le conditionnement. Elle nous permet de réaliser des taches automatiques comme jouer au tennis, attacher un lacet...)


Elle se subdivise en :


a) Mémoire procédurale ou mémoire motrice car elle assure l'acquisition de savoir faire, de compétence du Sujet


b) Mémoire émotive : Son centre névralgique est l'amygdale qui reçoit des informations par deux circuits (thalamique et cortical).


Face à une émotion le thalamus active simultanément le cortex et l'amygdale. Ce qui fait naître immédiatement des réactions émotionnelles dans l'amygdale avant même que nous ayons identifié le stimulus émotionnel. Le circuit court thalamo-amygdalien est donc utile lorsqu'il faut réagir vite. Dans un deuxième temps, le traitement de l'information par la voie longue corticale permet la vérification de la situation afin de la renforcer si c'est un véritable stimulus émotionnel (oui c'est un serpent) ou de neutraliser la réaction de peur si c'est une erreur (non c'est un bout de bois).


L’amygdale est le système biologique qui interprète la signification émotionnelle d’un événement.


Le défi de tout psychothérapeute sera de déconditionner l’amygdale d’interpréter des souvenirs inoffensifs comme un retour au trauma (flash backs).


La mémoire émotionnelle passe par l'amygdale alors que la mémoire explicite passe par l'hippocampe. Cette différence explique pourquoi nous ne nous souvenons pas des traumatismes qui se sont produits au début de la vie. En effet, l'hippocampe est encore immature lorsque l'amygdale est déjà capable de stocker des souvenirs inconscients. Un traumatisme précoce pourra perturber les fonctions mentales et comportementales d'un adulte par des mécanismes inaccessibles à la conscience.


L’encodage de la mémoire à long terme se situe dans l’hippocampe, dans le lobe temporal médian. L’hippocampe va recevoir l’information tout en essayant d’intégrer l’aspect émotionnel de l’événement provenant de l’amygdale. L’hippocampe est la plaque tournante entre les informations sensorielles et les informations affectives. Toutes les informations provenant de l’hippocampe vont être ensuite diffusées dans le cortex. On passe par l’hippocampe pour créer le souvenir : l’hippocampe fait office de stockage intermédiaire de l’information, puis ce souvenir est diffusé dans le cortex pour une mémoire à long terme.


Raison pour laquelle des patients atteints d’amnésie antérograde ou d’Alzheimer, qui montrent des pertes hippocampiques, sont dans l’incapacité de mémoriser de nouvelles informations, mais peuvent relater des événements anciens.


D’un côté, les patients traumatisés rapportent une fréquence élevée de rappels involontaires et intrusifs de certains aspects de l’évènement traumatique et, d’un autre côté, ces mêmes patients présentent des difficultés à récupérer intentionnellement la mémoire complète de l’évènement traumatique


La mémoire autobiographique, ce miroir du passé, permet de se revoir à travers sa propre histoire. Cette mémoire nous donne un sentiment d’identité, ainsi que un sentiment de cohésion et de continuité de notre existence. Mais cette continuité est réduite chez les victimes d’abus.


Les hormones de stress ont un effet délétère sur l’hippocampe, pouvant même conduire à une perte de substance hippocampique. Ce qui caractérise le souvenir d’un événement traumatique est qu’il est morcelé. La personne ne peut pas le situer dans le temps. L’EMDR permet de réexaminer ces fragments pour que la personne puisse en faire une narration verbale, les situer dans le temps et dans sa mémoire autobiographique. Il faut que la personne puisse faire une narration de ces souvenirs stressants, sans être noyée par l’émotion.


La force de l’événement traumatique est parfois si irrésistible que l’individu atteint restera comme « englué » dans le passé. Les études effectuées sur les anciens combattants du Viet-Nam et les victimes d’abus sexuels semblent indiquer que la propension à rester focalisé sur le passé des années après avoir subi le traumatisme et la tendance naturelle à l’anxiété sont étroitement corrélées : ces hauts niveaux d’anxiété pouvant inciter à se détourner encore plus du présent et de l’avenir, un cycle auto-entretenu de persistances mnésiques aussi destructrices que celles propres à la dépression peut s’ensuivre.


EMDR accelerates information processing so that non declarative memory gets transferred and associate with declarative memory. (F. Shapiro)


Les cognitions négatives et l’estime de soi



La mémoire de travail (on parle aussi de la mémoire de travail qui correspondrait en fait à la mémoire à court-terme mais dans une dimension dynamique avec utilisation d'informations nouvelles et récupération d'informations déjà stockées: c'est la mémoire qu'on utilise quand on fait par exemple un calcul mental complexe (genre une division avec retenues) ne reçoit pas que des pensées, mais aussi des affects reliés aux événements traumatiques et peut peiner à trouver des représentations qui soient en concordance avec les émotions, surtout quand celles-ci sont négatives. Quand elle y parvient, c’est très dommageable pour le narcissisme de la personne. C’est ce que, dans la thérapie EMDR, nous appelons la cognition négative : la CN. C’est ainsi qu’une femme violée peut affirmer : « C’est entièrement de ma faute. Je suis coupable ».


Au lieu de se dire : j’ai été victime de… la victime se créera une identité par la négative en disant : je suis victime, comme si elle ne pouvait pas sortir de ce rôle. La thérapie EMDR renforcera son estime de soi en remplaçant les cognitions négatives par des cognitions positives.


Pourquoi un état de conscience modifiée pour le traitement de l’état de stress post-traumatique ?



Lorsqu’une personne, sous l’emprise d’une peur intense, entre dans un état modifié de conscience, (ou d’hypnose médicale), les “informations” émotionnelles, physiques et cognitives qu’elle reçoit sont “engrangées”, comme encapsulées, à un niveau inconscient et ce, parfois, pour des dizaines d’années.


C’est la raison pour laquelle le traitement d’un état de stress post-traumatique. nécessite un état modifié de conscience ultérieur pour permettre d’atteindre le matériel traumatique engrangé à ce niveau inconscient et le désensibiliser


Le processus qui empêche les souvenirs traumatiques d’être intégrés dans la mémoire autobiographique en un tout cohérent est la dissociation. Du fait que la dissociation empêche les souvenirs traumatiques d’être intégrés, le traitement consistera à associer les souvenirs traumatiques avec la reviviscence des sensations et des émotions de l’expérience traumatique.


Il faut que un événement soit lié à des expériences antérieures pour être intégré dans la mémoire autobiographique, autrement cela crée le traumatisme.



Si on fait un PET scan du cerveau quand des patients revivent leur expérience traumatique, il y a une baisse d’activation de l’aire de Broca (responsable du traitement langage, située dans le cortex cérébral au niveau de la partie inférieure (ou « pied ») de la 3e circonvolution frontale de l'hémisphère dominant (gauche chez un droitier) et une suractivation du système limbique dans l’hémisphère droit du cerveau.


Cela signifie que lorsque des patients revivent leur trauma, ils ont de la peine à le mettre en mots. Le cortex visuel est également activé, comme si le Sujet "revoyait" l’événement traumatique. La suractivation de l’hémisphère droit par rapport à l’hémisphère gauche implique que, quand les patients revivent leur trauma, ils sont absorbés par l’expérience - ils sont cette expérience- mais perdent la capacité à analyser ce qui se passe dans le temps et l’espace.


L’expérience montre que de demander à des patients de mettre en mots leur trauma quand ils le revivent peut être extrêmement bouleversant pour eux et même impossible. Revivre le trauma sans être fermement ancré dans le présent laisse les patients plus traumatisés qu’avant.


C’est pourquoi, quand on traite un patient atteint d’état de stress post-traumatique (ESPT), le défi est de l’aider à intégrer son expérience traumatique sans les traumatiser à nouveau. En langage de neurosciences, le défi est de déterminer comment transformer le trauma de manière à ce qu’il soit éteint et non exacerbé.


Le travail du psychothérapeute dans l’état de stress post-traumatique est compliqué par :


- L’incapacité de parler : les patients traumatisés perdent la capacité de communiquer par des mots l’événement traumatique. Celui-ci consiste en sensations et perceptions qui n’ont pas leur équivalent verbal. Ils ont des sensations corporelles et émotions désagréables, des comportements inadaptés, sans savoir d’où ils proviennent. Ils peuvent trouver une explication à l’origine de leurs sensations et émotions, mais sont incapables de neutraliser les associations émotionnelles de leurs sensations.


- Retraumatisation : lorsqu’ils relatent l’événement traumatique, les patients ESPT deviennent tellement désespérés émotionnellement que certains préfèrent éviter la psychothérapie.


- La relation : les patients ESPT ont vécu une trahison de leur confiance. C’est pourquoi une relation de confiance avec un clinicien est primordiale pour que ces patients abaissent leurs défenses et abandonnent leur manque de confiance en l’autre.


- Evitement : les patients font une narration de leur traumatisme, mais excluent les sensations qui y sont liées. Celles-ci resurgiront sous forme de flash backs, cauchemars et comportements inadaptés.


- Conditionnement physiologique : les patients ESPT réagissent physiologiquement à l’évocation du passé


La verbalisation du traumatisme ne suffit pas à l’évacuer. Le fait de relater l’événement ramène mentalement toute la visualisation sensorielle du souvenir ainsi que toutes les sensations douloureuses et émotionnelles qui y sont rattachées. Il faut bien comprendre que celles-ci ne sont pas simplement perçues dans le cerveau, elles sont de nouveau actualisées, autoentretenues, voire même renforcées. C’est bien pourquoi reparler d’un traumatisme, y compris à quelqu’un de neutre qui ne fait que vous écouter, est plus dommageable que bénéfique.


On ne peut pas guérir d’un traumatisme psychique seulement en en parlant : cela renforce le symptôme. Gérald Brassine, spécialiste du trauma, parle alors de victimisation secondaire.


La thérapie EMDR agit différemment. Durant la séance, la personne traumatisée se trouve amenée à revenir sur ce qui lui fait mal, mais en même temps on lui confie une tâche.


Tout le cerveau en général et l’amygdale en particulier reçoivent en même temps deux informations contradictoires. Une : « Je suis en danger », deux : « Je suis en sécurité. » Or l’amygdale est sensible à la congruence des signaux. Et comme elle aide à la prise de conscience par le Sujet de son comportement par rapport à son environnement et à ses pensées, tout un travail de reliaison va s’opérer afin de mettre en accord les représentations externes et internes.


Il est vraisemblable que l’opposition concomitante des stimuli danger/sécurité générée dans tout le cerveau et en particulier dans l’amygdale soit à l’origine de toutes sortes d’associations de pensées ou pour être plus précis de toutes sortes de liaisons psychiques et psychosomatiques au sens le plus large dont l’effet est une résolution de l’information dysfonctionnelle.


Les souvenirs, mêmes précoces et très anciens, se révèlent d’une netteté et d’une précision saisissantes. (Ce phénomène s’explique par la production massive d’hormones, au moment de l’incident traumatique : adrénaline (hormone de stress) et noradrénaline (hormone anti-stress), cette dernière favorisant la mémorisation).



Comment se déroule une séance EMDR ?



Il est important que le praticien prenne certaines précautions car il n'est pas rare que des émotions et réactions vives puissent être réactivées lors du protocole.


Le praticien invite la personne à raconter l'histoire traumatisante et à en revivre mentalement les sensations. L’évocation de la scène provoque un trouble, une détresse qu’on lui demande de quantifier subjectivement, comme la douleur sur une réglette. Cette quantification va permettre de suivre l’évolution du « travail psychique » de retraitement de l’événement.


Une évaluation de l'intensité du stress est faite et servira de repère pour la progression de l'évacuation de l'impact. Ainsi sera mise en évidence la « cognition négative » en rapport avec l’événement, qui résonne encore comme vrai pour la personne. Au lieu de dire : je ne serai jamais à la hauteur, l’éTape suivante va déterminer la « cognition positive » correspondante, celle qui permettra la sortie du tunnel, par exemple : « C’est tout à fait à ma portée ».


Enfin, la dimension corporelle sera explorée : quelles sensations physiques accompagnent l’émotion pénible provoquée par le souvenir : boule dans la gorge, chape sur les épaules, douleur épigastrique, tremblement des mains, etc… ?


Après quelques autres points de discussion, l'exercice peut effectivement commencer.


Tout en pensant à une image significative de l'événement, le Sujet est accompagné par le praticien dans plusieurs séries de mouvements des yeux de droite à gauche. Ces mouvements oculaires sont du même type que ceux qui surviennent derrière les paupières fermées du dormeur pendant la phase de sommeil paradoxal. Ainsi, les images observées passent d’une hémisphère à l’autre.

Chaque séquence d’EMDR dure de trente secondes à une minute.


Ce protocole se fait jusqu'à ce que le client constate une diminution satisfaisante de son angoisse, de sa tristesse, de sa colère, de sa culpabilité.


Une désensibilisation peut se faire en quelques séances, voire en une seule. A la fin de balayage oculaire, la personne est invitée à dire ce qui s’est passé en elle : une pensée, une image, une émotion ou une sensation dans le corps. Il ne s’agit pas pour elle de se concentrer ou de faire un effort quelconque, mais uniquement d’être spectatrice de son état interne, comme si elle s’observait entrain de penser et de ressentir quelque chose.


Le retraitement ne s'adresse pas seulement aux émotions mais aussi aux croyances négatives liées au traumatisme.


L'objectif sera donc d'identifier et d'évaluer ces croyances limitatives et d'y substituer des croyances constructives. On modifie ainsi la perception de l'événement à la lumière des ressources mentales et émotives positives nouvellement acquises. L’apaisement ressenti en fin de séance est corrélé à l’émergence de la confiance dans la « cognition positive ». Les patients témoignent volontiers que le souvenir traumatique n’est pas oublié, mais il est comme mis en archive. Ils ont pris une distance affective suffisante pour que les effets négatifs soient estompés, voire effacés.


Sous EMDR, le patient revit deux situations à la fois. Il est ici et ailleurs dans l’événement, confronté à la situation traumatique qui demeure toujours actuelle, et il est ici et maintenant avec un thérapeute chaleureux dans un lieu confortable et sécurisant. Lorsqu’une personne évoque une scène traumatique, le simple fait de l’évocation suffit à ramener toute la scène avec son cortège comportemental et endocrinien émotionnel et elle est bien plus dans l’événement douloureux qu’ici et maintenant en sécurité avec un thérapeute rassurant.


Observer ce qui se passe en soi pendant qu’on bouge les yeux reste en rapport avec la reviviscence traumatique et engendre un retraitement de l’information, le thérapeute n’intervenant surtout pas, afin de ne pas interrompre ce processus psychoneurologique personnel.


Guérir avec l’EMDR


Par l’EMDR, le traumatisme, une fois traité, n’est plus actif, ni nocif.


Les mouvements oculaires qui sont faits par le patient accélèrent le traitement des informations dans le cerveau, et ainsi les symptômes actuels et l'estime de soi reliés à la fois aux événements passés et aux conditions de la vie présente s'améliorent.



Une étude approfondie et contrôlée sur des vétérans du Vietnam et des victimes de viols et d'abus sexuels indique que cette méthode est capable de réaliser une désensibilisation rapide des souvenirs traumatiques avec une restructuration comportant des cognitions plus adaptées à la situation présente. Elle amène aussi un soulagement rapide de la souffrance et une réduction tout à fait significative de la symptomatologie (anxiété, pensées intrusives, retours d'images ou de cauchemars traumatiques).


Après une thérapie EMDR, l’image du souvenir demeure, mais n’est plus vécue de la même manière. Image et affects sont séparés, l’image ne fait plus mal et ne déclenche plus aucune émotion. L’estime de soi du patient croît en même temps que cesse sa souffrance d’origine psychotraumatique.


Les pathologies lourdes et l’EMDR



L’EMDR est reconnue pour être la technique la plus efficace pour soigner l’état de stress post-traumatique (Chambless et al, 1998, Feske, 1998, Greenwald, 1996, Shapiro, 1996, van Etten and Taylor, 1998).


Elle ne guérit pas, mais améliore grandement l’état des personnes souffrant de troubles dissociatifs.


Le domaine multiple des psychoses fait l’objet de recherches avec l’EMDR.


L’EMDR n’est pas indiqué pour les dépressions d’origine clairement biologiques ou les démences.



Ma thérapie personnelle avec l’EMDR


Malgré un travail verbal sur mes souffrances de l’abus sexuel et l’hypnose médicale, je souffrais toujours de troubles psychosomatiques qui péjoraient ma vie conjugale.


La verbalisation de la souffrance m’a été utile pour revisiter le vécu, faire des prises de conscience, gérer la notion de pardon et de colère. Pour moi, elle s’est avérée insuffisante pour traiter les flashs backs, les cauchemars récurrents, les problèmes psychosomatiques et les pensées intrusives durant les rapports sexuels.


L’hypnose médicale a renforcé mes défenses en recentrant l’attention sur mes ressources, sachant qu’il existait en moi un tissu sain à côté de la gangrène du problème. Elle a modifié la perception des événements. Mais elle n’a pas guéri mes pensées intrusives durant les rapports sexuels, ni mes problèmes psychosomatiques.


Persuadée que ces somatisations étaient liées aux abus sexuels subis dans ma jeunesse, j’ai contacté une psychologue spécialisée dans le trauma. Celle-ci m’a expliqué que l’hypnose médicale gérait la mémoire émotionnelle, mais pas corporelle, ce que les techniques d’EMDR pouvaient faire. Alors j’ai pris contact avec une psychiatre formée en EMDR.


La première séance chez cette psychiatre a servi à faire connaissance avec elle et la technique d’EMDR. Je lui ai expliqué dans les grandes lignes mes traumatismes de vie en m’attardant sur les abus sexuels et mes problèmes psychosomatiques. Pour la seconde séance, elle m’a demandé d’écrire cinq bons et cinq mauvais souvenirs, ainsi que de trouver un lieu de sécurité imaginaire.


Mes cinq bons souvenirs font référence à ma vie de femme mariée et non pas de mon enfance. Les cinq mauvais souvenirs remémorent différentes scènes d’abus sexuels.


Pendant que j’écrivais ces souvenirs, j’ai eu des coups de blues. J’ai réalisé que cela m’était dur de brasser à nouveau en psychothérapie ces vieilles histoires d’abus sexuels.


Alors, j’ai fait du jardinage pour me changer les idées. J’observais un hibiscus aux feuilles vertes et denses. Mais en regardant les tiges de plus près, j’ai remarqué qu’elles étaient couvertes de pucerons. Je me suis empressée de le traiter, tout en sachant que cet arbuste allait donner de belles fleurs durant l’été.


Le processus de résilience ressemble à cet hibiscus. Il faut parfois des traitements énergiques pour que le traumatisme soit intégré dans le psychisme et qu'il ne vienne plus parasiter le mode de fonctionnement de la personne.


La nature m’a une nouvelle fois enseignée et réconfortée.


Lors de la seconde séance chez la psychiatre, j’ai apporté mon papier sur lequel étaient inscrits cinq bons et cinq mauvais souvenirs. Elle les a lus à haute voix devant moi. La remémoration des cinq souvenirs évoquant des abus sexuels m’a été pénible et je retenais mes larmes avec peine. Voyant mon trouble, la psychiatre m’a expliqué que les émotions liées aux différents abus étaient encapsulées dans le cerveau limbique, non « digérées » et que l’EMDR allait les faire diffuser dans le cortex cérébral. Lors du traumatisme, le cerveau est submergé par les émotions et ne peut pas les intégrer.


J’étais très angoissée à l’idée de revivre les séquences des abus sexuels sous EMDR. La psychiatre m’a expliqué que ce n’était pas le même contexte, que je revivrais les événements depuis l’extérieur, comme si je regardais un paysage défiler à travers la vitre d’un train. Nous avons parlé ensemble de mon lieu de sécurité : une rivière traversant une forêt de mélèzes inondée de .


En nous quittant, elle m’a demandé de mettre toutes mes histoires d’abus sexuels dans une boîte dont elle détenait la clé et qu’elle l’ouvrirait la prochaine séance en ma présence.


Je préférais fermer les yeux durant les séances d’EMDR, aussi la psychiatre effectuait-elle alternativement des « tappings » (tapotements) sur mes genoux d’une durée d’une minute environ.


La troisième séance, je lui ai parlé de la discipline qui nous a été infligée dans une église sectaire quand mon mari m’a trompée. Le responsable de l’église auquel mon mari, repentant, a confessé cet adultère s’est empressé de le divulguer dans toute l’église, au lieu de le garder dans le secret de la confession faite à un ecclésiastique.


Mon mari a été mis au pilori pendant deux ans sur un banc situé à l’entrée de l’église, isolé des fidèles qui avaient l’interdiction de le saluer et de manger avec lui. Ces enseignements sont tirés du livre du Lévitique : c’est la loi du lépreux qui devait crier « impur » dès que quelqu’un s’approchait de lui, la lèpre étant le symbole du péché. Il est évident que cette église n’a pas actualisé ces enseignements à la lumière du Nouveau Testament.


J’ai accompagné mon mari dans cet isolement social pour le soutenir psychologiquement, alors qu’il faisait une dépression grave et que j’étais enceinte de notre deuxième enfant.


Sous EMDR, je me suis revue seule sur le « banc des accusés » alors que mon mari gardait notre petit enfant, avec mon gros ventre de femme enceinte, une mantille noire sur la tête, le regard baissé, les yeux noyés de larmes et les gens qui défilaient devant moi sans me saluer. Je me suis revue aussi pleurer sur ce banc maudit, assise à côté de mon mari qui sanglotait, main dans la main, pour nous soutenir mutuellement. Je me suis revue avec mon petit garçon qui jouait à mes pieds, alors que je pleurais et qu’une personne de l’église me dévisageait intensément, comme une bête étrange, sans venir me consoler.


La psychiatre me demandait ce que je ressentais : des sentiments d’impuissance, de tristesse, d’angoisse, d’humiliation et de colère, que je notais dix sur l’échelle dix. Alors je devais me voir à intervalles réguliers sur le banc des accusés jusqu’à ce que ces émotions négatives soient dissipées avec la technique EMDR.


Enfin je me suis vue partir de l’église en claquant la porte, puis revenir avec un fusil. J’ai criblé de balles les « frères » qui osaient venir faire de l’harcèlement moral jusqu’à notre domicile, puis tous les gens de l’église, qui nous voyaient nous écrouler sur notre banc en nous méprisant, sans nous accorder un quelconque soutien psychologique. J’ai traité ces gens de pervers, de sadiques et de tous les noms injurieux qui me passaient par la tête. Puis j’ai laissé tomber mon fusil en leur disant : « Vous allez vous tuer entre vous maintenant ».


J’ai vu la psychiatre pleurer : elle ne pouvait pas imaginer qu’on puisse vivre un tel harcèlement moral et spirituel dans une communauté qui s’appelle : église.


A la fin des séances d’EMDR, je me suis vue, assise sur le banc des accusés, déchirer une bible et la jeter par terre, puis me lever, quitter cette église tout en récupérant une bible sur une étagère.


La psychiatre m’a expliqué que je ne voulais plus de la théologie mortifère de cette église, mais que je n’avais pas quitté ma foi en Dieu.


Finalement, j’ai chassé toutes ces émotions négatives de mon esprit pour déclarer : je suis forte, je suis victorieuse ; j’ai tenu le coup sur mon banc des accusés ; j’ai aidé mon mari à sortir de sa dépression sans soutien psychologique et j’ai réussi à quitter cette église qui m’a fait tant souffrir.


Je ne suis plus la « femme du lépreux hors du camp » selon les enseignements du Lévitique de l’Ancien Testament, je suis une femme forte et victorieuse.


Je me suis enfin vue m’éloigner de cette église sectaire en courant de plus en plus vite, puis en m’envolant dans les airs, comme si je voyais la scène de loin. Libre, libre…


J’ai évoqué durant une autre séance mes sentiments de culpabilité pour avoir élevé mes enfants jusqu’à l’adolescence dans cette église sectaire. La psychiatre m’a demandé de relater des occasions où j’avais protégé mes enfants. Je lui ai dit que j’étais la seule de la fratrie à avoir protégé mes enfants de ma mère maltraitante. J’étais aussi la seule dans l’église à avoir empêché mes enfants de faire partie de « l’école du dimanche », ne faisant pas confiance aux moniteurs chrétiens légalistes.


Et, pendant de longs mois, je n’allais pas au culte avec notre enfant aîné qui souffrait physiquement et psychiquement dans ce milieu ecclésiastique morbide. La psychiatre m’a demandé si, pendant que je luttais pour protéger mes enfants, j’étais soutenue psychologiquement. Je lui ai répondu par la négative. Elle a relevé mon courage d’avoir lutté seule pour mes enfants, créant des conflits dans le couple et dans l’église.


Je lui ai expliqué que des personnes dans l’église venaient à mon domicile me reprocher d’élever mes enfants de la sorte.


Sous EMDR, je me suis vue dans mon salon, résister aux personnes de l’église qui venaient faire de l’harcèlement moral jusqu’à mon domicile. Je leur ai signalé que je faisais le maximum pour élever mes enfants, que cela ne les regardait pas et je les ai finalement injuriées.


Maintenant, quand je pense à l’éducation que j’ai donnée à mes enfants, je ne nourris plus de sentiment de culpabilité, mais j’ai cette pensée qui me vient spontanément à l’esprit : j’ai fait le maximum que j’ai pu.


J’ai parlé lors de la séance suivante à ma psychiatre de mes angoisses de mort. Elles sont liées à ma naissance, lorsque je me trouvais, prématurée, emballée dans de la ouate en pédiatrie, séparée de ma mère. Elles sont aussi liées au fait que ma mère m’a laissée plusieurs semaines chez ma grand-mère paternelle alors que j’avais sept mois, l’âge de l’angoisse de l’étranger. J’ai dû vivre des angoisses de mort, parce qu’un bébé abandonné par sa mère ne peut pas vivre : il meurt. De ce fait, je fais des rêves répétitifs d’effondrement : je chute dans un gouffre sans fond, sans rien pour me rattraper. Je me réveille angoissée et en sueur.


Quand mon mari s’absente pour plusieurs jours, j’ai toujours peur qu’il lui arrive quelque chose de mortel.


Sous EMDR, j’ai vu mon mari dans sa voiture, en train de partir seul pour quelques jours. L’angoisse était à son comble, puis j’ai eu d’énormes sentiments de colère que j’aurais mieux fait de projeter sur mon père et ma mère abandonniques. Finalement, j’ai remplacé le sentiment d’abandon par cette certitude : je suis digne d’être aimée.


Suite à cette séance, mon mari m’a signalé qu’il partirait à la montagne quelques jours avec des collègues. A cette annonce, pour la première fois de ma vie, je n’ai pas eu mes angoisses de mort habituelles.


J’ai longuement parlé de sexualité avec ma psychiatre avant de faire de l’EMDR pour les abus sexuels subis dans ma jeunesse. Elle m’a demandé ce que je ressentais face à ces abus. Une femme chosifiée, un objet sexuel, une personne non respectée en tant que Sujet : une p… J’ai signalé que je voulais remplacer sous EMDR le mot p… par : je suis une femme respectable.


J’ai revécu par l’EMDR une des scènes d’abus sexuel que j’ai subie par une personne parente. Au début, des sentiments d’impuissance, de tristesse, de souillure, de honte, de culpabilité, de colère et de tristesse m’ont tour à tour submergée. Je pleurais, tellement la souffrance était intense. Dans une émotion de colère, j’ai alors frappé mon abuseur, puis je suis sortie de la chambre où il avait abusé de moi en lui disant : je suis une femme respectable, pauvre type, il faut te faire soigner.


Puis, j’ai couru me réfugier dans les bras de mon mari en sanglotant et je lui ai dit : mon corps t’appartient, il n’est plus celui de cet homme.


Je me suis vue alors marcher près d’un fleuve, enlacée dans les bras de mon mari. Physiologiquement, j’étais calme ; la tempête des émotions qui m’avaient envahie durant la séance était apaisée.


Je me sens libre : par cette séance, j’ai coupé le lien psychologique qui me retenait à mon abuseur sexuel et à ma mère incestueuse. Je ne suis plus obsédée et angoissée par mon passé.


Suite à mes séances d’EMDR, mes rêves ont changé de registre. Je ne fais plus de rêves d’effondrement dans le vide.


Avant l’EMDR, je faisais des rêves récurrents d’intrusion : un homme forçait la porte de ma maison et y pénétrait pour me violer. J’ai rêvé dernièrement qu’un homme voulait entrer dans ma maison en poussant la porte d’entrée, mais j’ai fermé le verrou et il est parti.


J’ai renforcé mes défenses. Je me considère comme guérie de mes traumatismes de vie. La plaie n’est plus ouverte, mais cicatrisée. Image et affects sont dissociés.


Bibliographie



Eye Movement Desensitization and Reprocessing in child and adolescent psychotherapy, Ricky Greenwald, Jason Aronson Inc., 1999

Mais où est passée ma libido ? Dr Christophe Marx, Eyrolles, 2005

Guérir avec l’EMDR, Jacques Roques, Seuil, 2007

Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicaments, ni psychanalyse. David Servan-Screiber, Pocket Evolution, 2003

EMDR as an integrative psychotherapy approach, Edited by Francine Shapiro, American Psychological Association, 2002



Pour en savoir plus :


Manuel d'EMDR, intégration neuro-émotionnelle par les mouvements, F. Shapiro, P. Angel, Interéditions, 2006


Sites internet France, Belgique, Suisse, Europe:


www.emdr-france.org

http://www.bipe.be


www.emdr-suisse.ch





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MessageSujet: Re: EMDR   Dim 25 Juil - 15:27:54

Merci Ganesha
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Amelpa
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MessageSujet: Re: EMDR   Dim 25 Juil - 18:16:43

Merci ganesha bsx2

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